Scénographier la première présence de la RDC à la Biennale de Venise — Conférence de Johnny Leya
En mai 2026, Nigra Iuventa accompagnait sa première délégation d’artistes et de commissaires afrodescendant·e·s et africain·e·s à la Biennale de Venise, sous le mentorat de Dominique Fontaine. Réunie autour du thème In Minor Keys, cette édition portait la vision de Koyo Kouoh, première femme africaine à en assurer le commissariat. Elle marquait aussi une présence sans précédent de pavillons africains, dont celui de la République démocratique du Congo, qui y participait pour la première fois.
L’exposition Simba Moto ! Seize the Fire ! Saisis le feu ! a été l’un de nos grands coups de cœur de cette Biennale. Cette découverte se prolonge aujourd’hui à Montréal avec Johnny Leya, co-commissaire et architecte du pavillon, invité à revenir sur les choix qui ont forgé cette première participation congolaise.
Que fait l’espace aux œuvres et à leur lecture ? Comment un parcours ou des points de vue orientent-ils l’expérience du public ? Et comment aborder, à travers une exposition, les enjeux de représentation qu’engage un premier pavillon national ?
À partir de la conception et de la mise en espace de l’exposition, cette présentation, suivie d’une discussion, explorera la manière dont la scénographie construit un propos curatorial. Elle interrogera les liens entre les œuvres, les communautés dont l’exposition cherche à porter les récits et les publics qu’elle rejoit, en écho aux « écologies relationnelles ».
Présentée en partenariat avec l’équipe du Pavillon de la République démocratique du Congo, cette rencontre s’inscrit dans la deuxième édition du Symposium RAN : Réseaux de l’Atlantique Noir, organisé par Nigra Iuventa.
À propos de l’exposition
« L’étincelle est un commencement. » Réunissant neuf artistes de la RDC et de sa diaspora, « Saisis le feu ! » prend la forme d’une forge lumineuse où le feu devient une force de création, de transmission et de transformation.
À propos de Johnny Leya
Johnny Leya (né en 1990 à Kinshasa) est un architecte et chercheur dont le travail explore les intersections entre l’architecture, la fiction et les dynamiques sociales. À travers des projets construits, des expositions et des récits spéculatifs, il explore les formes de vie collective ainsi que les espaces, les rituels et les imaginaires qu’elles engendrent.
Il est le fondateur de Traumnovelle, un cabinet d’architecture à la fois opérationnel et critique qui utilise l’architecture comme un support à la fois matériel et narratif pour remettre en question les structures spatiales, sociales et politiques établies. En 2018, il a co-organisé et conçu le pavillon belge à la Biennale d’architecture de Venise. Poursuivant cet engagement en faveur de l’architecture en tant que pratique culturelle et politique, il est co-commissaire et architecte du pavillon de la République démocratique du Congo à la Biennale d’art de Venise de 2026.
Photo © Camille Cooken