En conversation: Zohra Opoku et Mallory Lowe Mpoka
La pratique de Zohra Opoku explore l'identité, l'appartenance et la mémoire culturelle à travers la photographie, les textiles et les installations. Née en Allemagne de l'Est et établie à Accra, l'artiste puise dans des récits personnels et ancestraux pour explorer les tensions entre héritage et expérience contemporaine. Par la sérigraphie, la broderie et le collage, elle fait du tissu un espace de réflexion sur le corps et les histoires qu'il porte.
Dans cet échange, Zohra Opoku entre en dialogue avec l'artiste Mallory Lowe Mpoka autour de préoccupations communes autour de la mémoire, la matérialité et la transmission des histoires diasporiques.
Cette activité est présentée en partenariat avec le Goethe-Institut Montreal, et s'inscrit dans le cadre du symposium Black Atlantic Networks: Heritage, Knowledge and Solidarity, tenu à Montréal du 18 au 22 novembre 2025. Avec la collaboration de la Piscine/ Espace Rodier.
Intervenantes
Zohra Opoku
Mallory Lowe Mpoka
Informations
Mercredi 8 avril 2026, 18h
Espace Rodier, 914 R. Notre Dame O, Montréal, QC H3C 1J9
Activité en anglais
Entrée payante
Zohra Opoku
La pratique multidisciplinaire de Zohra Opoku (née en 1976 à Altdöbern, ancienne RDA/Allemagne de l’Est ; vit et travaille à Accra, Ghana) est ancrée dans son histoire personnelle et son héritage culturel. Née et élevée en Allemagne de l’Est, elle s’est ensuite installée au Ghana afin de se reconnecter à ses racines ancestrales. Opoku explore les intersections complexes entre identité et mémoire. Son œuvre évolue entre ces expériences, jetant des ponts entre les cultures, les géographies et les temporalités.
La pratique d’Opoku commence fréquemment par la photographie et se développe à travers un processus tactile de déconstruction et de reconstruction. Les images photographiques sont sérigraphiées sur des tissus naturels préalablement teints, puis transformées par la broderie à la main et le collage. Ces techniques, ancrées à la fois dans l’artisanat traditionnel et la composition expérimentale, constituent la base d'œuvres textiles richement superposées, d’installations et de sculptures.
L’identité personnelle et ses subtilités complexes occupent une place centrale dans son travail. S’inspirant de sa propre vie et de son corps, Opoku réfléchit à des thèmes tels que le sentiment d’appartenance, la mémoire et la représentation. Elle intègre fréquemment des reliques familiales, des symboles personnels ainsi que des éléments issus de la culture visuelle ghanéenne, comme des références aux traditions de la métallurgie en bronze d’Afrique de l’Ouest. Il en résulte un corpus d’œuvres à la fois cathartique et résonnant, ancré dans l’expérience vécue mais capable d’interpeller des questions plus vastes, partagées à travers la diaspora africaine et au-delà.
« La transition du fait d’être basée en Allemagne à celui d’être au Ghana et de réunir ces deux mondes dans une même conversation — que ce soit à travers les matériaux, l’artisanat ou la mémoire — est importante » a-t-elle déclaré. « Cela permet aux autres de s’identifier à l’œuvre, en particulier au sein de la diaspora où les gens vivent des expériences similaires. » À travers cette perspective, la pratique d’Opoku devient une forme de narration visuelle — une archive en constante évolution de l’identité, intime, texturée et silencieusement puissante.
Le travail de Zohra Opoku a été exposé à l’échelle internationale, notamment à la 15e Biennale de Sharjah (Émirats arabes unis, 2023), à la 14e Biennale de Dak’Art (Sénégal, 2022) et à la 7e Biennale d’Athènes (Grèce, 2021).
Sur le plan institutionnel, son œuvre a été présentée au Louvre Abu Dhabi (Émirats arabes unis, 2024–2025), au Minneapolis Institute of Art (Minneapolis, 2025), au Brooklyn Museum (New York, 2024), au Cleveland Museum of Art (Cleveland, 2018), à RAW Material Company (Dakar, 2024), au High Museum of Art (Atlanta, 2024), au Palais Populaire (Berlin, 2024), au Wereld Museum (Rotterdam, 2024), au Kunstmuseum Wolfsburg (Wolfsburg, 2022), à SAVVY Contemporary (Berlin, 2022), à la Tate Modern (Londres, 2022), au Southbank Centre / Hayward Gallery (Londres, 2020), au Kunsthaus Hamburg (Hambourg, 2020), au Musée archéologique de Mykonos (2019), au Musée national de Nairobi (2017), au Musée Guggenheim de Bilbao (2015), au Musée d’ethnographie de Bordeaux (2013), au CCA Lagos (2010) et au Kunsthaus Hamburg (2010), parmi tant d’autres.
L'exposition personnelle de Zohra Opoku, We proceed in the footsteps of the sunlight, sera présentée à partir de septembre 2025, au Zeitz MOCAA au Cap pendant un an.
Son œuvre fait partie de prestigieuses collections publiques et institutionnelles, telles que celles du Centre Pompidou (Paris), du Hessel Museum of Art du CCS Bard College (Annandale-on-Hudson), du Los Angeles County Museum of Art (Los Angeles), du Samuel P. Harn Museum of Art (Gainesville), de la Faurschou Foundation (Copenhague), du Royal Museum of Ontario (Toronto), de la Tate Modern (Londres), de la Collection Onassis (Athènes), du Eskenazi Museum of Art (Bloomington), de la Cleveland Clinic Art Collection (Cleveland) et de The Dean Collection (New York).
La prochaine exposition personnelle de l’artiste ouvrira à la Fondation Cartier, à Paris, en octobre 2026.
Mallory Lowe Mpoka
Mallory Lowe Mpoka (née en 1996) est une artiste belgo-camerounaise basée à Montréal dont la pratique multidisciplinaire explore le lieu, la mémoire et le colonialisme environnemental.
Face aux fractures imposées par la colonisation, elle relie récits réels et fictifs en réactivant archives familiales et mémorabilia dans des contextes renouvelés. Son œuvre exprime un état nomade d’ « entre-deux », traversant l’Afrique, l’Europe et l’Amérique du Nord, et témoignant des héritages de la migration. Par la photographie, le tissage, la sculpture, la teinture et l’installation, elle élabore des formes où matière, image et récit circulent entre les lieux et les mémoires qui l’habitent.
L’œuvre de Mpoka a été présentée à l’international, notamment à la Villa Romana (Italie), au Musée des Beaux-Arts du Canada et au Savvy Contemporary (Allemagne). Elle a publié son livre d’artiste Architecture of the Self: What Lives Within Us à l’hiver 2024. Nominée pour le prix Malick Sidibé (2022) et le New Generation Photography Award (2025), elle expose en solo à la Fonderie Darling lors de la Biennale Momenta 2025.
Son prochain grand corpus d’œuvres sera présenté à l’été et à l’automne 2026 aux Rencontres d'Arles.
Photo © Odéon Davis
La conversation est présentée en partenariat